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LMNP : les nouvelles règles du micro-BIC changent-elles vraiment la donne pour votre déclaration ?

Lmnp Micro Bic Comet Expertise

La loi « Le Meur » du 19 novembre 2024, combinée à la loi de finances 2025, a profondément modifié la fiscalité du LMNP. Les seuils et abattements du micro-BIC ont été abaissés pour les meublés de tourisme : seulement 15 000 € de recettes et 30 % d’abattement pour les meublés non classés, et 77 700 € avec 50 % d’abattement pour les meublés classés et chambres d’hôtes (contre 188 700 € et 71 % auparavant).

Côté revente, depuis le 15 février 2025, les amortissements déduits sous le régime réel sont réintégrés dans le calcul de la plus-value, ce qui peut renchérir significativement la fiscalité de sortie.

Bonne nouvelle pour 2026 : le seuil meublé classé / longue durée est revalorisé à 83 600 €. Tour d’horizon des points à vérifier avant votre prochaine déclaration.

1. Quels sont les nouveaux seuils et abattements du micro-BIC LMNP ?

La fiscalité du LMNP au micro-BIC dépend désormais étroitement du type de bien loué. Voici le tableau actualisé pour les revenus 2025 (déclarés en mai 2026) et 2026 (déclarés en 2027).

Type de locationSeuil micro-BIC (revenus 2025)Seuil micro-BIC (revenus 2026)Abattement
Meublé longue durée77 700 €83 600 €50 %
Meublé de tourisme classé77 700 €83 600 €50 %
Chambre d’hôtes77 700 €83 600 €50 %
Meublé de tourisme non classé15 000 €15 000 €50 %

À retenir :

Au-delà de ces seuils, le passage au régime réel est automatique dès que vous les dépassez deux années consécutives.

2. Comment ça marche en cas d’activités mixtes ?

Beaucoup de bailleurs cumulent plusieurs types de locations : un meublé longue durée, un appartement loué en saisonnier non classé, parfois des chambres d’hôtes. Dans ce cas, le micro-BIC ne s’applique que si trois conditions cumulatives sont respectées sur l’année N-1 ou N-2 :

Dès qu’un seul de ces trois plafonds est dépassé deux années de suite, vous basculez au régime réel pour l’ensemble de votre activité LMNP. C’est un point souvent mal compris : ce n’est pas le total qui compte, mais chaque catégorie prise séparément.

Bonne pratique

Tenez un suivi par type de location (longue durée, classé, non classé) pour anticiper toute bascule. Un simple tableur mensuel suffit.

3. Faut-il rester au micro-BIC ou passer au régime réel ?

L’arbitrage dépend de vos charges réelles par rapport à l’abattement forfaitaire.

Cas où le régime réel devient plus favorable :

  • Vous avez des charges importantes : intérêts d’emprunt, travaux, frais de gestion, taxe foncière, assurances.
  • Vous pouvez amortir le bien (hors valeur du terrain) et le mobilier.
  • Vous êtes en meublé de tourisme non classé : avec seulement 30 % d’abattement, le réel devient quasi systématiquement plus favorable.

Cas où le micro-BIC reste pertinent :

  • Vos charges représentent moins de 50 % de vos recettes (longue durée / classé) ou moins de 30 % (non classé).
  • Vous privilégiez la simplicité administrative (aucune comptabilité).
  • Le bien est récent ou peu chargé.

À noter

Selon plusieurs études du secteur, le régime réel est plus avantageux dans environ 85 % des cas lorsque vous avez un emprunt en cours et des amortissements à pratiquer. Le régime réel implique toutefois une comptabilité tenue selon les règles BIC, le dépôt d’une liasse fiscale 2031-SD et l’individualisation des activités non professionnelles.

L’option pour le régime réel s’exerce avant la date limite de dépôt de la déclaration de l’année concernée. Elle est valable un an et reconductible tacitement.

4. Que change la réintégration des amortissements en cas de revente ?

C’est le point le plus structurant pour votre stratégie patrimoniale long terme. Depuis le 15 février 2025, l’article 84 de la loi de finances 2025 (codifié à l’article 150 VB III du CGI) prévoit que les amortissements déduits sous le régime réel sont réintégrés dans le calcul de la plus-value au moment de la revente.

Avant le 15 février 2025

Vous pouviez amortir votre bien pendant 15 ou 20 ans (et donc neutraliser l’IR sur vos loyers), puis revendre sans que ces amortissements ne pèsent sur le calcul de la plus-value.

Depuis le 15 février 2025

Le prix d’acquisition est diminué des amortissements pratiqués, ce qui augmente mécaniquement la plus-value imposable.

5. Quels sont les points de vigilance à intégrer dès maintenant ?

L’abattement de 30 % sur les meublés de tourisme non classés est faible

Dès que vos charges (intérêts, travaux, gestion, amortissements) dépassent 30 % de vos recettes, le régime réel devient plus favorable. Et avec un seuil micro-BIC abaissé à 15 000 €, la bascule est rapidement atteinte.

Suivez vos recettes par type de location

Un dépassement de seuil sur deux années consécutives entraîne l’exclusion automatique du micro-BIC. Mieux vaut anticiper que subir.

Le régime réel a un coût administratif

Il implique une comptabilité BIC, le dépôt d’une liasse 2031-SD et, si vous avez plusieurs biens, l’individualisation des activités non professionnelles. Prévoyez un expert-comptable ou un logiciel spécialisé (entre 250 € et 600 €/an).

Anticipez votre stratégie de revente

Si vous envisagez de vendre dans les 10 à 15 prochaines années, modélisez l’impact de la réintégration des amortissements. Pour une détention de plus de 22 ans, l’impact se neutralise progressivement.

Pensez au classement de votre meublé de tourisme

Le classement (1 à 5 étoiles, délivré par Atout France) coûte entre 200 et 400 € pour 5 ans et permet de conserver le seuil de 77 700 € (83 600 € en 2026) avec 50 % d’abattement, au lieu des 15 000 € / 30 %. Le retour sur investissement est immédiat.

Récapitulatif en 5 points

Le statut LMNP est-il supprimé en 2026 ?

Non. Le statut LMNP reste pleinement en vigueur en 2026. La loi de finances 2026 a même confirmé le maintien de l’amortissement par composants (articles 39 A et 39 C du CGI), sans plafonnement.

Quel est le seuil micro-BIC pour la location meublée longue durée en 2026 ?

Pour les revenus 2025 déclarés en mai 2026, le seuil reste à 77 700 € avec un abattement de 50 %. Pour les revenus 2026 déclarés en 2027, il est revalorisé à 83 600 €.

Mon meublé de tourisme classé bénéficie-t-il encore du seuil de 188 700 € ?

Non. Depuis l’entrée en vigueur de la loi Le Meur, le seuil est aligné sur celui de la longue durée : 77 700 € (83 600 € pour 2026), avec 50 % d’abattement.

Que se passe-t-il si je dépasse les seuils micro-BIC ?

Un dépassement isolé n’entraîne pas la bascule. C’est seulement après deux années consécutives de dépassement (N-1 et N-2) que le passage au régime réel devient automatique. Mais vous pouvez aussi opter volontairement pour le réel si c’est plus avantageux.

La réintégration des amortissements concerne-t-elle aussi le micro-BIC ?

Non. La notice officielle 2048-IMM publiée par l’administration confirme que les loueurs au micro-BIC ne sont pas concernés. L’abattement forfaitaire est réputé tenir compte des amortissements. Cette protection repose toutefois sur une doctrine administrative, pas sur un texte législatif.

Puis-je passer du micro-BIC au régime réel n’importe quand ?

L’option pour le régime réel doit être exercée avant la date limite de dépôt de la déclaration de l’année concernée (généralement fin mai/début juin). Elle est valable un an et reconductible tacitement. La sortie du réel suit la même règle.

Les résidences étudiantes et seniors sont-elles concernées par la réintégration ?

Non. L’article 84 de la loi de finances 2025 prévoit explicitement leur exclusion, ainsi que celle des résidences services médico-sociales (EHPAD notamment). Ces investissements conservent leur intérêt fiscal initial.

Vaut-il mieux faire classer son meublé de tourisme ?

Dans la majorité des cas, oui. Pour 200 à 400 € tous les 5 ans, le classement permet de conserver un seuil 5 fois plus élevé (77 700 € au lieu de 15 000 €) et un abattement 1,7 fois supérieur (50 % au lieu de 30 %). Le retour sur investissement est immédiat dès la première année.

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