PFU ou barème progressif : pouvez-vous vraiment changer d’avis grâce à la LDF 2026 ?
La loi de finances pour 2026 (article 126) supprime le caractère irrévocable de l’option pour le barème progressif (case 2OP) à la place du PFU (flat tax). Concrètement, vous pourrez désormais revenir sur votre choix dans un délai de 3 ans ou en cas de contrôle fiscal, ce qui sécurise votre arbitrage entre flat tax (désormais à 31,4 %) et barème progressif.
Attention cependant : cette nouveauté ne s’applique qu’aux revenus perçus à partir de 2026 (déclaration en 2027). Pour la déclaration 2026 portant sur les revenus 2025, le choix reste définitif. Tour d’horizon de ce que cela change pour les détenteurs de dividendes, d’intérêts, de plus-values mobilières et de rachats d’assurance-vie.
Plan de l’article.
- Quelle est exactement la nouveauté apportée par la LDF 2026 ?
- À partir de quand pouvez-vous changer d’avis entre PFU et barème ?
- PFU à 31,4 % ou barème progressif : comment choisir ?
- Comment exercer concrètement la révocation a posteriori ?
- Qui sont les contribuables qui ont le plus à gagner ?
- Récapitulatif en 5 points
- FAQ
1. Quelle est la nouveauté apportée par la LDF 2026 ?
Jusqu’à présent, le système était déséquilibré. Par défaut, vos revenus du capital (dividendes, intérêts, plus-values de cession de titres, rachats d’assurance-vie pour les versements après le 26 septembre 2017) sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU), surnommé « flat tax ». Vous pouviez choisir d’opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu en cochant la case 2OP sur votre déclaration. Mais attention : cette option était irrévocable. Une fois la case cochée et la déclaration validée, impossible de revenir en arrière, même en cas d’erreur d’arbitrage.
L’article 126 de la loi de finances 2026 modifie l’article 200 A, 2 du Code général des impôts en supprimant cette mention d’irrévocabilité. Vous pourrez désormais renoncer a posteriori à votre option, dans le délai de réclamation de droit commun (3 ans) ou en cours de contrôle fiscal.
À noter aussi
Depuis le 1er janvier 2026, le PFU est passé de 30 % à 31,4 % (12,8 % d’IR + 18,6 % de prélèvements sociaux, contre 17,2 % auparavant). L’assurance-vie est exclue de cette hausse de CSG et conserve un PFU à 30 %.
PFU à 31.4 % sur certains revenus :
| Nature du revenu ou gain (résident fiscal France) | Régime de plein droit | Taux IR | Taux prélèvements sociaux | Taux global indicatif |
| Revenus capitaux mobiliers (dividendes, intérêts, etc.) | PFU | 12,8 % | 17,2 % | 30 % |
| Plus-values de cession de valeurs mobilières et droits sociaux (régime général, années antérieures à la réforme 2025) | PFU | 12,8 % | 17,2 % | 30 % |
| Plus-values de cession de valeurs mobilières et droits sociaux (revenus du patrimoine imposés au titre de 2025) | PFU | 12,8 % | 18,6 % | 31,4 % |
2. À partir de quand pouvez-vous changer d’avis entre PFU et barème ?
C’est le point le plus important et le plus mal compris. La nouveauté ne s’applique pas immédiatement.
| Année des revenus | Année de déclaration | Régime applicable |
| 2025 | 2026 (mai) | Ancien régime : option irrévocable |
| 2026 | 2027 (mai) | Nouveau régime : option révocable dans les 3 ans |
| 2027 et suivantes | 2028 et suivantes | Nouveau régime : option révocable |
Concrètement, pour la campagne déclarative qui s’ouvre le 9 avril 2026 (revenus 2025), votre choix entre PFU et barème reste définitif. Il faut donc continuer à simuler avec rigueur avant de cocher (ou non) la case 2OP.
À l’inverse, pour les revenus perçus à compter du 1er janvier 2026, vous bénéficierez du droit à l’erreur : si l’arbitrage initial s’avère défavorable, vous pourrez réclamer le changement jusqu’au 31 décembre N+2 (par exemple, jusqu’au 31 décembre 2029 pour les revenus 2026).
3. PFU à 31,4 % ou barème progressif : comment choisir ?
L’arbitrage dépend principalement de votre taux marginal d’imposition (TMI) et de la nature de vos revenus du capital.
Si votre TMI est de 0 % ou 11 %
Le barème progressif est presque toujours plus favorable. À 11 % d’IR + prélèvements sociaux, vous restez en dessous des 31,4 % du PFU.
Si votre TMI est de 30 %
Cela dépend du type de revenus :
Si votre TMI est de 41 % ou 45 %
Le PFU à 31,4 % est presque systématiquement plus intéressant.
À noter
L’option pour le barème est globale. Vous ne pouvez pas faire du « cherry-picking » (PFU sur les plus-values, barème sur les dividendes). Tout bascule ensemble. C’est pourquoi la simulation préalable reste indispensable, même avec la révocabilité.
4. Comment exercer concrètement la révocation a posteriori ?
À partir de la campagne 2027 (revenus 2026), la procédure de révocation suivra deux voies possibles.
Voie 1 – La déclaration rectificative
Si vous vous rendez compte rapidement de votre erreur, après réception de votre avis d’imposition, vous pouvez déposer une déclaration rectificative en ligne sur impots.gouv.fr.
Voie 2 – La réclamation contentieuse
Au-delà de la période de correction, vous adressez une réclamation à votre centre des impôts (par courrier ou via votre espace particulier). Le délai court jusqu’au 31 décembre de la deuxième année suivant celle de la mise en recouvrement. Pour les revenus 2026 (avis reçu été 2027), vous avez donc jusqu’au 31 décembre 2029.
Voie 3 – Le contrôle fiscal
Si vous faites l’objet d’une vérification, vous pouvez exercer ou révoquer l’option dans ce cadre. C’était déjà partiellement admis par l’administration, c’est désormais sécurisé par la loi.

Point de vigilance : la révocabilité ne signifie pas « je peux changer quand je veux pendant 10 ans ». Vous restez tenu par le délai de réclamation et devez respecter les procédures. Conservez vos simulations et justificatifs.
5. Qui sont les contribuables qui ont le plus à gagner ?
Plusieurs profils tirent un bénéfice particulier de cette réforme.
Les dirigeants de société (SAS, SASU, SARL)
Lorsqu’ils mixent dividendes, intérêts de comptes courants d’associés et plus-values de cession, le bon arbitrage à l’euro près est complexe. Pouvoir corriger une erreur évite des situations bloquées et destructrices de valeur.
Les épargnants avec des revenus mobiliers variables
Si vos revenus du capital fluctuent fortement (vente exceptionnelle de titres, distribution exceptionnelle de dividendes), la simulation initiale peut s’avérer fausse au moment où d’autres revenus se confirment.
Les contribuables avec un TMI sur la zone de bascule (autour de 30 %)
C’est précisément là que l’arbitrage est le plus serré et que l’erreur est la plus probable.
Les détenteurs d’assurance-vie de plus de 8 ans
Avec les abattements (4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple) et le taux réduit de 7,5 %, l’arbitrage PFU/barème est rarement évident.
À l’inverse, les contribuables non imposables ou en TMI à 45 % avec uniquement des intérêts ont un choix simple : pour eux, la révocabilité est surtout un filet de sécurité, pas un changement majeur.
Récapitulatif en 5 points
FAQ
La case 2OP est la case de la déclaration 2042 qui permet d’opter pour l’imposition de vos revenus du capital au barème progressif de l’impôt sur le revenu, à la place du PFU (flat tax) appliqué par défaut. Elle concerne l’ensemble des revenus mobiliers du foyer fiscal.
Oui. Si vous cochez la case 2OP, l’ensemble de vos dividendes, intérêts, plus-values de cession de titres et rachats d’assurance-vie de l’année basculent au barème. Il est impossible de panacher.
Non. La révocabilité s’applique uniquement aux revenus perçus à partir du 1er janvier 2026 (déclarés en 2027). Pour les revenus 2025 déclarés en mai 2026, l’option pour le barème reste irrévocable. En revanche, l’inverse était déjà permis : vous pouviez opter pour le barème a posteriori si vous aviez initialement laissé le PFU s’appliquer.
Trois ans à compter de la mise en recouvrement (jusqu’au 31 décembre N+2). Pour les revenus 2026, déclarés en 2027 et mis en recouvrement été 2027, vous avez jusqu’au 31 décembre 2029.
Oui, depuis le 1er janvier 2026, en raison de la hausse de la CSG sur les revenus du capital (de 9,2 % à 10,6 %), portant les prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 %. Le taux d’IR forfaitaire reste à 12,8 %. L’assurance-vie est exclue de cette hausse et conserve un PFU à 30 %.
Le simulateur officiel de la DGFiP (simulateur-ir-ifi.impots.gouv.fr) permet de comparer les deux scénarios en cochant et décochant la case 2OP. En règle générale : barème favorable si TMI ≤ 11 %, à étudier au cas par cas pour TMI à 30 %, PFU favorable pour TMI ≥ 41 %.
Non. Le PEA conserve sa fiscalité spécifique (exonération d’IR après 5 ans, prélèvements sociaux uniquement). Les livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP) restent totalement exonérés. La réforme concerne uniquement les revenus déjà soumis au choix PFU/barème.
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