Fiscalité véhicules de société 2026 : quelles règles pour votre parc automobile ?
La fiscalité des véhicules de société en 2026 repose sur un principe désormais incontournable : plus un véhicule émet de CO₂ et de polluants, plus il coûte cher à l’entreprise. Entre la classification M/N inscrite sur la carte grise, les deux taxes qui ont remplacé la TVS depuis 2023, les règles de récupération de la TVA, les plafonds d’amortissement, l’avantage en nature et le régime spécifique des bornes de recharge, le cadre est dense mais parfaitement lisible dès lors qu’on en maîtrise la logique.
En bref : les véhicules utilitaires (VU) conservent un traitement fiscal très favorable (TVA déductible à 100 %, amortissement non plafonné, exonération des taxes ex-TVS), tandis que les véhicules de tourisme (VP) thermiques et hybrides supportent la quasi-totalité de la fiscalité. Seuls les véhicules 100 % électriques ou à hydrogène bénéficient encore d’une exonération totale des taxes ex-TVS et d’un plafond d’amortissement porté à 30 000 €. Les hybrides rechargeables, eux, ne sont plus exonérés de la taxe CO₂ depuis 2025.
Chez Comet Expertise, cabinet de conseil et d’expertise comptable, nous accompagnons chaque année des dizaines de dirigeants dans l’arbitrage fiscal de leur flotte. Cet article reprend les règles applicables 2025/2026 et vous donne les réflexes à adopter pour prendre les bonnes décisions.
Plan de l’article.
- Classification des véhicules : le premier réflexe à avoir
- Cas particuliers : pick-up et camionnettes, le piège des rangées de sièges
- Les taxes sur l’affectation (ex-TVS) en 2026
- Récupération de la TVA : véhicule, carburants et nouveautés 2025
- Plafonds d’amortissement déductible
- Synthèse comparative par type de véhicule
- Avantage en nature et bornes de recharge électrique
- Calendrier et obligations déclaratives
- Récapitulatif et FAQ
1. Classification des véhicules : le point de départ de toute analyse fiscale
Avant même de parler de taxes, de TVA ou d’amortissement, le premier réflexe fiscal est de vérifier la carte grise du véhicule, et plus précisément la rubrique J. Tout le régime fiscal applicable en découle.
On distingue deux grandes catégories :
Catégorie M (tourisme)
Mention « VP » au champ J.1
Ce sont les véhicules conçus pour le transport de personnes (catégorie M1). Leur traitement fiscal est le plus défavorable :
+ TVA sur l’achat : non déductible (sauf véhicules spéciaux : ambulances, corbillards, véhicules accessibles en fauteuil roulant)
+ Soumis aux taxes ex-TVS
+ Plafond d’amortissement limité
Catégorie N (utilitaire)
Mention « CTTE » ou « DERIV VP » au champ J.1
Ce sont les véhicules conçus pour le transport de marchandises (catégorie N1). Leur fiscalité est beaucoup plus souple :
+ TVA sur l’achat : 100 % déductible (si le véhicule n’est pas assimilé à un VP, voir le cas des rangées de sièges ci-dessous)
+ Exonérés des taxes ex-TVS
+ Amortissement intégralement déductible
Attention : la mention « CTTE » sur la carte grise ne suffit pas à garantir la récupération de la TVA. Il faut impérativement vérifier le code carrosserie en rubrique J.2. Un contrôle fiscal sur ce point est fréquent, et les redressements peuvent être lourds.
2. Cas particuliers : pick-up et camionnettes, le piège des rangées de sièges
Pour les véhicules de catégorie N1, le code carrosserie inscrit en J.2 détermine le seuil de rangées de sièges à partir duquel le véhicule est assimilé à un VP (et perd donc ses avantages fiscaux).
Pick-up code J.2 = « BE »
Un pick-up (places assises et zone de cargaison dans des compartiments séparés) est assimilé à un véhicule de tourisme dès 2 rangées de places assises :
- 1 rangée = TVA récupérable
- 2 rangées ou plus = TVA non récupérable

Camionnettes code J.2 = « BA » ou « BB »
Une camionnette (camion, camionnette, tracteur routier) est assimilée à un VP dès 3 rangées de places assises :
- 3 rangées ou plus = TVA non récupérable
- 1 ou 2 rangées = TVA récupérable
Comment compter les rangées de sièges ?
Deux règles méconnues qui font toute la différence en cas de contrôle :
Cette règle fait souvent tomber un doubles cabines de pick-up dans la catégorie VP, même quand le propriétaire pensait acheter un utilitaire. Avant d’acheter, il est essentiel de valider la configuration.
3. Les taxes sur l’affectation (ex-TVS) en 2026
Depuis 2023, la TVS (Taxe sur les Véhicules de Sociétés) telle qu’elle existait a été remplacée par deux taxes annuelles distinctes qui s’appliquent cumulativement aux véhicules de tourisme affectés à des fins économiques par les entreprises.
La taxe annuelle CO₂
- Basée sur les émissions de CO₂ en g/km
- Barème WLTP progressif par tranches
- Tarifs durcis en 2025 et 2026 : la pression fiscale augmente chaque année
- Calcul au prorata des jours d’utilisation dans l’année
Nouveauté majeure 2025 : les véhicules hybrides ne bénéficient plus d’aucune exonération de la taxe CO₂. C’est un virage important pour les entreprises qui avaient construit leur stratégie flotte autour de l’hybride rechargeable.
La taxe sur les polluants atmosphériques
- Basée sur le type de carburant et la catégorie d’émissions (Crit’Air / norme Euro)
- Tarif annuel forfaitaire par véhicule selon la catégorie
- Le diesel supporte les tarifs les plus élevés
- Les véhicules électriques et hydrogène sont totalement exonérés
Exonérations totales
Bénéficient d’une exonération totale des deux taxes :
4. Récupération de la TVA : véhicule, carburants et nouveautés 2025
TVA sur l’acquisition et les charges du véhicule
Le principe est simple : la TVA n’est récupérable que sur les véhicules utilitaires (VU).
| Dépense | VP (tourisme) | VU (utilitaire) |
|---|---|---|
| Achat du véhicule | Non déductible | 100 % déductible |
| Location (LLD / LOA) | Non déductible | 100 % déductible |
| Entretien / Réparations | Non déductible | 100 % déductible |
| Accessoires / Pièces | Non déductible | 100 % déductible |
Nouveauté majeure 2025 : les véhicules hybrides ne bénéficient plus d’aucune exonération de la taxe CO₂. C’est un virage important pour les entreprises qui avaient construit leur stratégie flotte autour de l’hybride rechargeable.
Deux conditions cumulatives :
- Un flux financier identifiable
- Une preuve documentée
Autre piste d’optimisation : la transformation d’un VP en véhicule de société. En supprimant les banquettes et sièges arrière puis en modifiant la carte grise, le véhicule bascule sous les règles VU (TVA récupérable à 100 % sur achat et entretien). Cette opération exige toutefois un formalisme rigoureux et doit être sécurisée.
Ces deux mécanismes sont intéressants mais piégeux. Nos experts comptables Comet Expertise sécurisent le montage pour éviter tout redressement.
TVA sur les carburants : barème 2025/2026
| Carburant | VP (tourisme) | VU (utilitaire) |
|---|---|---|
| Essence | 80 % | 100 % |
| Gazole | 80 % | 100 % |
| E85 (Superéthanol) | 80 % | 100 % |
| GPL (liquéfié) | 100 % | 100 % |
| GPL (gazeux) | 50 % | 100 % |
| GNV (gaz naturel) | 100 % | 100 % |
| Électricité | 100 % | 100 % |
Depuis 2022, essence et gazole sont alignés à 80 % sur les VP. Les carburants verts (électricité, GPL liquéfié, GNV) offrent une récupération maximale à 100 %, même sur un véhicule de tourisme.
5. Plafonds d’amortissement déductible
Pour les véhicules de tourisme (VP), le législateur plafonne la part de l’amortissement qui peut être déduite du résultat imposable. Ce barème, inchangé depuis 2021, reste applicable en 2025 et 2026 :

Véhicule électrique
(émissions < 20 g/km)
plafond de 30 000 €
Thermique sobre
(50 – 160 g/km)
plafond de 18 300 €
Hybride rechargeable
(20 – 49 g/km)
plafond de 20 300 €
Véhicule polluant
(> 160 g/km)
plafond réduit à 9 900 €
Points clés à retenir
- Véhicules utilitaires (VU) : aucun plafond, amortissement intégralement déductible.
- Base d’amortissement VP : prix d’acquisition TTC (puisque la TVA n’est pas récupérable).
- Batterie de véhicule électrique : amortissable séparément si elle est facturée distinctement sur la facture du constructeur.
- Durée standard : 5 ans (4 ans possible en cas d’usage intensif).
Concrètement : sur un SUV thermique à 50 000 € émettant 180 g/km, la part non déductible atteint 40 100 € sur 5 ans, soit un coût fiscal significatif pour l’entreprise.
6. Synthèse comparative par type de véhicule
Le tableau ci-dessous résume l’ensemble du cadre fiscal 2025/2026 :

Le message est clair : plus le véhicule est propre, plus la fiscalité est avantageuse. En 2026, l’écart de coût de détention entre un VP thermique et un VU électrique peut dépasser plusieurs milliers d’euros par an pour un seul véhicule.
7. Avantage en nature véhicule et bornes de recharge
Avantage en nature (AEN) véhicule
L’utilisation personnelle d’un véhicule de société par un salarié ou un dirigeant constitue une rémunération en nature soumise à l’impôt sur le revenu et aux cotisations sociales. Deux méthodes d’évaluation coexistent.
Évaluation forfaitaire :
| Sans carburant | Avec carburant | |
|---|---|---|
| Achat (< 5 ans) | 9 % du prix TTC | 12 % du prix TTC |
| Achat (> 5 ans) | 6 % du prix TTC | 9 % du prix TTC |
| Location / Leasing | 30 % du coût global | 40 % du coût global |
Location : coût global = loyer + entretien + assurance TTC
Frais réels : prorata km personnels / km totaux
Régime spécifique du véhicule électrique (jusqu’au 31/12/2025)
Les véhicules 100 % électriques bénéficient d’un régime favorable pour l’AEN :
- Frais d’électricité exclus du calcul de l’avantage
- Abattement de 50 % sur le montant, plafonné à 2 000,30 € en 2025
Exemple pour un véhicule acheté 35 000 € :
- Thermique : 35 000 × 12 % = 4 200 € d’AEN annuel
- Électrique : 35 000 × 9 % = 3 150 € puis abattement 50 % = 1 575 € d’AEN annuel
Soit une économie de plus de 2 600 € d’AEN par an, avec un impact direct sur l’IR du dirigeant/salarié et sur les cotisations sociales de l’entreprise.
Cas particulier des gérants majoritaires SARL
Les gérants majoritaires (article 62 CGI) n’ont pas le choix : l’évaluation aux frais réels est obligatoire. Les autres dirigeants peuvent opter entre forfait et frais réels.
Arbitrage fréquent en cabinet : dans de nombreux cas, il est plus judicieux d’acheter le VP à titre personnel et de se faire rembourser par la société via des indemnités kilométriques.
Nos experts Comet Expertise réalisent cet arbitrage chiffré sur votre cas personnel.
Bornes de recharge électrique (période 01/01/2023 – 31/12/2025)
Borne sur le lieu de travail : l’AEN est évalué à 0 €, frais d’électricité inclus. C’est un levier puissant pour motiver l’électrification de la flotte.
Borne au domicile du salarié (prise en charge achat + installation par l’employeur) :
Autres frais liés à la borne (hors lieu de travail) :
8. Calendrier et obligations déclaratives 2026
Trois échéances principales à ne pas manquer :
- Janvier 2026 : déclaration des taxes ex-TVS au titre de 2025 via le formulaire 3310-A (annexe TVA) pour les entreprises au régime réel normal.
- 25 janvier 2026 : date limite pour les non-redevables de la TVA.
- 2 mai 2026 : date limite pour les entreprises au régime simplifié (formulaire 3517-S). Cette échéance correspond à une clôture au 31/12 ; à défaut, la déclaration doit intervenir dans les 3 mois suivant la clôture.
En continu : tenir un état récapitulatif annuel des véhicules affectés, à présenter sur demande de l’administration. Cette obligation est trop souvent négligée et c’est l’un des premiers documents demandés en contrôle fiscal.
La période de référence est l’année civile (1er janvier au 31 décembre), avec un calcul au prorata journalier des taxes.
À retenir
- Vérifiez toujours les rubriques J.1 et J.2 de la carte grise avant toute acquisition ou arbitrage — c’est la base de tout traitement fiscal.
- CTTE ≠ automatiquement VU pour la TVA : le nombre de rangées de sièges est déterminant, et les pièges sont nombreux (strapontins, ancrages accessibles…).
- Seuls les véhicules 100 % électriques ou hydrogène bénéficient aujourd’hui d’une exonération totale des taxes ex-TVS et du plafond d’amortissement le plus élevé (30 000 €).
- Les hybrides ne sont plus exonérés depuis 2025 : la stratégie flotte de nombreuses entreprises doit être repensée.
- Privilégiez les véhicules à faibles émissions pour optimiser l’ensemble de la fiscalité (taxes, TVA carburant, amortissement, AEN).
Besoin d’un accompagnement personnalisé ?
La fiscalité des véhicules de société est un terrain miné pour les entreprises : un mauvais arbitrage au moment de l’achat peut coûter plusieurs milliers d’euros par an et par véhicule.
Chez Comet Expertise, notre équipe d’experts-comptables accompagne les dirigeants et leurs entreprises dans toutes les décisions liées à leur flotte automobile.

FAQ
Fiscalité des véhicules de société 2026
Non. Depuis 2023, la TVS a été remplacée par deux taxes annuelles distinctes : la taxe annuelle sur les émissions de CO₂ et la taxe sur les polluants atmosphériques. Elles s’appliquent cumulativement aux véhicules de tourisme utilisés à des fins économiques. Leurs tarifs ont été durcis en 2025 et continuent de l’être en 2026.
Pas automatiquement. La mention CTTE au champ J.1 est nécessaire mais pas suffisante. Il faut également vérifier le code carrosserie en rubrique J.2 et le nombre de rangées de sièges. Un pick-up (code BE) perd le bénéfice de la TVA dès 2 rangées, une camionnette (codes BA/BB) dès 3 rangées. Faire valider la configuration par un expert-comptable avant l’achat est essentiel.
Non. Depuis 2025, les hybrides rechargeables ne bénéficient plus d’exonération de la taxe annuelle sur les émissions de CO₂. Seuls les véhicules 100 % électriques ou à hydrogène conservent une exonération totale des deux taxes ex-TVS. Cela change profondément l’équation pour les entreprises qui avaient bâti leur flotte sur l’hybride.
Le plafond est de 30 000 € pour les véhicules émettant moins de 20 g/km de CO₂ (soit tous les véhicules 100 % électriques). Seule la fraction du prix d’acquisition qui dépasse ce plafond n’est pas déductible. La batterie peut être amortie séparément si elle est facturée distinctement, ce qui permet d’optimiser davantage.
Cela dépend des kilomètres parcourus à titre professionnel, du type de véhicule et du statut du dirigeant. Dans de nombreux cas, notamment pour les véhicules de tourisme thermiques peu utilisés professionnellement, l’achat à titre personnel avec remboursement d’indemnités kilométriques se révèle plus avantageux. À l’inverse, un véhicule utilitaire ou 100 % électrique gagne à être porté par la société. Seul un arbitrage chiffré personnalisé permet de trancher.
Le régime actuel (abattement de 50 % plafonné à 2 000,30 € + frais d’électricité exclus) court jusqu’au 31/12/2025. Pour la suite, il convient de suivre les annonces du prochain projet de loi de finances. En attendant, les véhicules électriques conservent en 2026 les avantages les plus forts en matière de TVA carburant, d’amortissement et de taxes ex-TVS.
Oui et non : tout dépend du scénario. Si la borne est restituée en fin de contrat, elle est exonérée à 100 %. Si elle est conservée par le salarié, l’exonération est de 50 % (plafond 1 043,50 €) ou 75 % (plafond 1 565,20 €) si la borne a plus de 5 ans. Sur le lieu de travail, l’AEN est toujours nul, y compris pour les frais d’électricité.
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